Octobre 2007

 

Eh oui, c’est fait! Je suis à nouveau célibataire. De retour sur le marché. Largué pour la première fois de ma vie. Fallait que ça arrive un jour. J’suis quand même pas pour être toujours heureux et maître de ma destinée. Première peine d’amour à 30 ans. Ça fesse! Quelqu’un m’a demandé : « Est-ce que c’est vrai que c’est comme d’arrêter de fumer : c’est les deux premières semaines qui sont les plus dures? » Eh bien, oui! C’est exactement pareil. Tu y penses constamment. Pas deux minutes de break.

Mais, peu à peu, ça se tasse. Au début, tout te fait penser à l’être perdu. Mais, au fil du temps, on se met à « démoniser » l’autre. On a bien une petite rage une fois de temps en temps, mais on boit un verre d’eau et ça finit par passer. Et ce, même si je n’arrive toujours pas à comprendre son geste. Mais elle n’en est pas à une contradiction près.

Quand on est déménagés ensemble, elle a mis l’appartement à son goût. C’était primordial pour qu’elle se sente bien chez eux. La couleur des murs, la disposition des meubles, les choix des meubles, les cadres et tous les « gugusses décoratifs ». Pouvez-vous m’expliquer pourquoi, dans ce cas, elle était incapable de rester dans la maison? Fallait toujours sortir, aller souper au resto, dans sa famille. Ça valait la peine d’investir autant d’argent pour être bien chez soi…

Mais bon, je mets cette expérience douloureuse derrière moi. Il le faut, sinon c’est impossible d’aller de l’avant. Et, en tant que nouveau célibataire, je me suis dit que c’était le meilleur temps pour analyser les sites de rencontres. J’aurais voulu faire un test avant, mais comme j’ai été en couple pendant plus de 10 ans pratiquement sans interruption, ça devenait délicat.

J’ai lu quelques profils ici et là. La majorité des filles cherchent des gars honnêtes et sincères. Pas de problème : je vais leur en donner, de la sincérité. De la sincérité avec extra bacon et croustillant, à part de ça. Alors, voici les premières lignes de mon profil :  « Dépressif anxieux débutant la trentaine, avec libido chancelante, qui doit refaire sa vie après une terrassante rupture amoureuse. Trop souvent devant son ordinateur à écrire un flash génial qu’il vient d'avoir, ou simplement trop absorbé à regarder des vidéos sur Youtube . Également père de deux enfants, une semaine sur deux. Ronfle et adore dormir en prenant toute la place dans le lit. Même un lit « king » n’est pas assez grand. Bref, voilà probablement le pire de moi-même. Mais, lorsque je suis chimiquement maintenu de bonne humeur, j'adore la vie, j'aime avoir plusieurs projets, j'aime que la vie bouge. Je m'investis toujours à fond dans ce que j'entreprends. »

Bon, j’avoue que ce n’est pas winner, mais c’est plus qu’honnête. Maintenant, il n’y a plus qu’à attendre, pour voir si mon ultra honnêteté me servira. Après tout, mesdames devraient être impressionnées d’une telle franchise!!! Quoique ma description ne cadre pas avec mon nick : JAYnius. Ça fait prétentieux et fendant, non? Mais bon, puisque j’ai trouvé le jeu de mots, j’imagine que j’ai bien le droit de fendre avec tant que je veux.

Avouez quand même que ce genre de site est comme un magasin à grande surface. Dans les magasins, tous les produits sont les meilleurs et les plus fiables, selon le vendeur. Pourtant, le même vendeur nous assure qu’on doit absolument acheter la garantie prolongée. Sur les sites de rencontres, les vendeurs et vendeuses sont tous des gens qui adorent la vie et aiment le plein air. Pourtant, ce n’est pas ce que les statistiques nous disent. Il ne s’est jamais vendu autant d’anti-dépresseurs, et on n’a jamais fait si peu d’activités sportives. Le nombre d’obèses augmente à chaque jour. Comme si les sites de rencontres étaient en fait des clubs de « Randonneux Pédestre du Québec ». C’est à croire que la vie de couple n’est réservée qu’aux gros ayant le mal de vivre. À moins que ce soit les effets secondaires de la vie de couple.

Mais bon, je vous tiendrai au courant de mon enquête. Ça ne sera peut-être pas aussi scientifique que les enquêtes et dossiers spéciaux de La Presse, ou aussi croustillant et sensationnaliste que ceux du Journal de Montréal. Je vais également approfondir le profil général de nos amoureux de la vie, célibataires, à la quête du grand amour.

 

Juillet 2007

Voilà un petit bout de temps que j’attendais cet évènement. J’avais hâte de vivre cette expérience. Quelque chose que je n’avais jamais vécu auparavant. J’ai même eu la permission de ma blonde.  Le genre de truc qui ne passe pas souvent et qu’on ne doit pas manquer quand l’occasion se présente. Non, je ne parle pas ici d’un trip à trois ou bien d’une Coupe Stanley du Canadien.

Non, je parle d’assister à un match de soccer de calibre international, ici même dans le grand bol olympique. Là, j’entends déjà les langues sales dire que le soccer, c’est plate, que ça finit toujours 1-0, que les seuls buts qui se marquent c’est sur des tirs de pénalités. Pas besoin de me le dire encore, et surtout, pas besoin de lire ce texte. Je ne voudrais pas vous faire perdre votre temps, maniaque de hockey, très chers québécois.

Alors, pour ceux qui sont intéressés par mon récit, bienvenue. Pour les autres, retournez sur un forum de RDS pour répondre aux questions épaisses sur les émotions de Sheldon Souray, du genre « Est-ce que vous croyez que Sheldon Souray sera plus heureux à Edmonton qu’à Montréal? ». Ou allez écouter 110% qui, même en plein mois de juillet, réussit à parler hockey 95% du temps, et pire encore, réussit à avoir des débats corsés, alors que la LNH et le CH sont en vacances.

J’adore le hockey moi aussi. Mais j’aime les sports at large. Et je suis surtout curieux de savoir pourquoi on méprise ce sport ici. Le soccer est pourtant le sport d’équipe le plus populaire au monde. Pas moins de 199 pays sont classés par la FIFA. Vous trouvez que Roman Hamrlik gagne trop cher à 5.5 millions de dollars par saison? Allez jeter un coup d’œil au salaire annuel des footballeurs en Europe.

Qu’à cela ne tienne, je me suis rendu au Stade Olympique avec mon fiston pour le huitième de finale entre le Mexique et le Congo de la Coupe du Monde des moins de 20 ans. Avant même de mettre les pieds dans le stade, je pouvais déjà dire qu’on a beau se croire un public fantastique au Centre Bell, on a l’air d’un rassemblement de dépressifs anonymes à côté de ce que je vis à ce moment-là.

Les fans Mexicains sont très nombreux, et tout aussi bruyants. Les chants de « MEHICO » résonnent au travers des trompettes, maracas, tam-tams et autres éléments originaux servant à faire du bruit. WOW!!! Je n’ai même pas encore commencé à vivre mon trip que je suis estomaqué. 

On entre, on se dirige vers notre place. Vite, les hymnes nationaux débutent et, pour une fois, ce sera original. Pas de Ô Canada, pas de O Say Can you see. Bref, pour une fois, je ne ferai pas le mongole à chanter comme un cave et faire honte à mon fils. On se dépêche. Je connais bien le stade, moi, maniaque de baseball, maintenant sevré. Alors, je me dirige directement vers la section 143. Juste à temps; les équipes s’amènent sur le terrain. Premier coup d’œil : pas si mal, le grand bol inutile, pour jouer au soccer.

On est prêt à s’asseoir, je regarde mes billets. Shit!, c’est pas 143, mais 142, de l’autre côté. Je connais le stade comme le fond de ma poche, mais on n’est pas à l’abri de la dyslexie. Ça a l’air que ça se développe quand on atteint la trentaine. Mon Gaby et moi, on se lance donc dans une course effrénée. Faut faire le tour complet, ou presque. On trouve nos sièges. Merde! On a manqué les premières notes de l’hymne mexicain.

Pas grave, parce qu’en prime, nous sommes noyés dans une vague verte et rouge qui chante avec passion. Disons que c’est beaucoup plus calme pour l’hymne du Congo. Je réalise alors que je suis mieux de cacher ma préférence pour les Congolais. J’aime prendre pour les négligés. Le Congo n’avait même pas d’équipe il y a deux ans, et les voilà en coupe du monde. Mais, avec tous les drapeaux autour de nous, vaut mieux ne pas les provoquer. Mourir étranglé avec un drapeau national ne fait pas partie de mes projets à court terme.

L’ambiance est magique. Pas de temps mort. Ça chante, ça danse… en espagnol. Disons qu’on ne se sent pas trop chez soi dans une telle atmosphère. Il y avait au-dessus de 40 000 spectateurs. Au moins 30 000 mexicains, 2000 ou 3000 congolais et 7000 québécois qui savaient pas trop ce qu’ils faisaient là. Genre mon fils et moi. On est comme ceux qui sont invités par erreur à un party. Comme des ananas sur une pizza, comme un gros marqueur chez le CH, comme des nudistes en Alaska.

Mais, je savoure. J’aime le soccer et j’ai suivi le tournoi à la télé depuis le début. On finit par oublier qu’il s’agit de joueur de 18-19 ans qui s’affrontent tellement le calibre est élevé. Rien à voir avec le soccer de l’Impact. En comparaison avec le hockey, le calibre de la ligue de l’Impact, c’est comme la ligue old timer des bûcherons de St-Polycarpe. Amusant, divertissant, mais c’est loin d’être la crème. Regarder un match de l’Impact, c’est comme prendre une brosse au Durango : faut que ça te tente en maudit, ou être ben mal pris.

La première demie est déjà terminée, et on a eu droit à un but. Bon, ok, je l’avoue, le but fut marqué sur un tir de pénalité! Petite balade dans les couloirs de notre stade pour se dégourdir les jambes. L’odeur n’a pas changé : ça sent le baseball. Me voilà nostalgique. Et faut croire que je ne suis pas le seul à l’être, puisqu’en levant la tête, j’aperçois une pancarte indiquant qu’on est « côté 3ième but ».

En deuxième demie, visite d’un fan du Congo, vraiment typiquement africain. Vêtu tel un zoulou, voire un cannibale qui fait cuire ses victimes dans un grand bol à soupe. Avec son tam-tam et son accoutrement de léopard, il fait le tour du stade. Il devient rapidement le centre d’attraction, et ça semble donner un peu de vigueur à la minorité congolaise présente au stade.

Mais, peine perdue, le Mexique triomphera. Non pas 1 à 0 comme vous auriez tous aimé ça. Mais bien par la marque de 3 à 0. Un festival offensif. Et ce n’est pas tout : le Mexique a aussi frappé 2 fois le poteau, 1 fois pour le Congo. Pas un match banal. Non seulement avons-nous assisté à ce party, mais en plus, nous avons eu droit à du soccer spectaculaire et enlevant, malgré la marque finale.

Nous avons donc regagné la maison avec la tête pleine de chants, et surtout, plein de Mehico, Mehico!!! qui retentissaient tout autant à la sortie du stade que lors de notre arrivée. C’est quand même bizarre qu’un des rares peuples ayant un X dans son nom soit incapable de le prononcer comme il faut. Comme si le Canada l’écrivait avec un K (Kanada) et que nous disions « Hanada ». Du butchage! Du gaspillage!


Mars 2007

Voilà un bon bout de temps que je n’ai pas écrit de chronique pour Le Bothum. Beaucoup d’obligations et très peu de temps libres. Des obligations plates, comme d’aller travailler. Des obligations le fun, comme écrire avec Pierre-Luc Siméon. Des obligations plates, comme de se taper le voyage Longueuil/St-Jean pendant une couple de tempêtes. Des obligations le fun, comme finir le niveau de difficulté HARD à Guitar Hero II. Des obligations le fun, comme faire plaisir à ma blonde. Des obligations le fun, comme faire des plaisirs à ma blonde.

Et, paradoxalement, j’ai pensé vous donner des idées de passe-temps quand vous n’avez rien à foutre de vos temps libres. Tsé, quand ça fait une heure que tu es devant ton ordi et que tu ne sais plus quel site allez visiter, ou que tu connais par cœur la météo des 10 prochains jours dans le monde entier.

Première suggestion
Allez sur n’importe quel moteur de recherche et tapez votre nom. De un : vous pouvez voir si votre nom est reconnu mondialement sur Internet. De deux : vous pouvez vous trouver des amis portant le même nom que vous.

Résultat avec mon nom sur Google : Mon site sort en premier. Fiou, je ne paye pas mon .com pour rien! Il y a aussi quelques liens menant au Bothum et sur Spagati. Mais, à ma grande joie, je me trouve un jumeau français. Il est champion de motocross. Visiblement, les Jérôme Constantin n’ont pas tous la même shape de Ficello que moi. Une bonne nouvelle pour l’humanité.

Ça a l’air niaiseux, mais faites l’exercice avec votre nom, celui de vos amis, votre parenté. C’est inutile, certes, mais ça passe le temps. Et en plus, vous risquez d’apprendre plein de petits trucs vraiment pas utiles à votre éducation, mais qui a dit qu’on devait toujours apprendre en s’amusant ?

Deuxième suggestion
En cette belle campagne électorale provinciale, plutôt que d’aller dessiner des moustaches sur les pancartes des différents partis, essayez donc de vous intéresser à ce que chacun des partis proposent. Non, mais c’est vrai, est-ce vraiment utile que les candidats aient l’air plus clowns qu’ils ne le sont déjà? En plus, c’est un cliché, la fameuse moustache.

Non, essayez d’en apprendre plus sur les différents partis impliqués dans la campagne. Car ce n’est pas à écouter leur chef ou en regardant les nouvelles qu’on va apprendre quelque chose d’intéressant. Ainsi, vous pourriez être surpris de savoir que le Parti Vert ne propose pas des autoroutes en gazon, que le Parti Libéral ne propose pas des viaducs autodestructibles, ou que le PQ n’a pas que le mot « consultation populaire » en bouche.

Sans compter que vous devez absolument vous enquérir des idées des partis loufoques. Ça, ce n’est pas instructif, mais bel et bien drôle à mourir. J’ai seulement à vous nommer le « Parti Démocratie Chrétienne du Québec » pour vous convaincre que la politique peut être autre chose que plate.

Troisième et dernière suggestion
Lâchez votre ordi et allez écouter une bonne game de hockey. Mais pas juste écouter le match, car en ce moment, à défaut d’être très drôle, le Canadien n’est pas très inspirant. Non : mettez-vous dans l’ambiance total du match. Écoutez Les amateurs de sports à la radio. Peinturez-vous la face en bleu-blanc-rouge, et pour les plus audacieux, buvez de la Molson Export. Écoutez Michel Villeneuve et Ron Fournier se prendre pour des Dieux, qui croient qu’ils peuvent faire virer Bob Gainey juste en gueulant.

Poussez le jeu jusqu’à appeler Michel et Ron. Embarquez dans le jeu, chialez contre le Canadien, dites que Koivu n’est pas un bon capitaine, qu’il ne parle pas français. Mais, surtout, dites à Ron que tout ce qui peut sauver la saison du Canadien, c’est qu’un drame arrive dans la vie de Saku.

Non mais, c’est vrai, je ne souhaite de malheur à personne, mais Saku Koivu est seulement bon après avoir vécu un drame : après avoir vaincu son cancer; en début de saison, lorsqu’il n’était pas sûr de pouvoir jouer à cause de sa blessure à l’œil. Là, il torchait rare. Moi, j’suis sûr qu’on peut trouver une vieille tante dans la famille Koivu qui pourrait être mourante. Où une cousine qui devient paraplégique dans un accident de voiture. Là, le p’tit Saku va marcher au toasts, pis le CH va les faire, les séries, je vous le garantie.

Pis, si le Canadien perd encore, parce que la famille Koivu est trop cheap pour se sacrifier à la cause des Montréalais, ben rappelez Ron pour lui dire encore que le Canadien est encore plus pourri. Ou bedon, obstinez-le et tentez de voir combien de temps le bon vieux Ron mettra à vous flusher.

C’était quelques-unes de mes idées pour vous divertir. J’aimerais bien que d’autres partagent leurs trucs inutiles pour passer le temps. Alors, si vous avez quelque chose à partager, faites-nous en part, je vais essayer de trouver du temps libre pour le perdre avec vos suggestions.