20 questions à Dany Drouin

1- Qu’est-ce qui t’a mené vers l’humour ?
Je ne pense pas qu’un évènement en particulier m’a mené vers l’humour. Je pense plutôt que l’humour s’est réveillé en moi. Au risque de manquer d’originalité, je dirais que mon souvenir le plus lointain de cet éveil est un spectacle d’Yvon Deschamps à la télévision. Je devais avoir environ huit ans. Je me voyais déjà sur scène, à inventer des histoires drôles pour un public… Je me disais : « Si lui y peut, c’est sûr que tout le monde peut aussi. » J’ai compris plus tard qu’Yvon Deschamps était un génie… mais je l’ai déjà dit, ça fait cliché.

2- Comment décrirais-tu ton humour à ceux qui ne te connaissent pas du tout ?
Si c’est du monde qui ne me connaît vraiment pas, et qu’ils n’ont aucune façon de vérifier mes dires, je dirais que je suis le meilleur humoriste du monde.

3- Comment s’est passée ta première expérience sur scène ?
Ma première expérience de scène véritable remonte à l’âge de 13 ans. J’avais fait un tout petit spectacle pour les étudiants du pensionnat où j’allais. L’expérience est, encore aujourd’hui, gravée dans ma mémoire… Tout d’abord, parce que c’était mon premier contact avec l’étrange sensation de « confort dangereux » qu’évoque la scène, et aussi parce que, pour la première fois de ma vie, je voyais le potentiel comique en moi… Ce qui est formidable c’est que, au contraire de ma première expérience sexuelle, ma première expérience de scène s’est très bien déroulée… même si c’était le même soir.

4- As-tu des influences, des modèles en humour ?
Pierre Palmade, pour sa théâtralité et la facilité qu’il a à créer des univers avec presque rien. Gad Elmaleh, pour l’originalité de ses propos et la justesse de son jeu. Rowan Atkinson (Mr. Been, pour les non-initiés), pour la finesse du détail.

5- Tu as fait l’École Nationale de l’Humour. Quel souvenir gardes-tu de ton passage là-bas ?
Quand je pense à mon temps à l’École, j’ai toujours l’impression que j’ai passé là les trois quarts de mon temps à rire. Être entouré par autant d’humoristes de talent, dans un laboratoire où nous sommes tous libres d’explorer le médium de l’humour (quitte à se planter). Imaginez deux secondes un cours de présentation de numéro avec Stéphane Poirier, Alexandre Bégin, Benoît Laforce, Julien Lauriault, Sandrine Charbonneau… moi… C’étaient des bons shows à tous les jours.

6- À l’été 2006, tu as participé au spectacle Le monde est flou. Parle-nous de cette expérience ?
C’est sûr que la tournée a été bien plaisante, et qu’avoir la chance de jouer au Grand Rire et au Festival Juste pour rire est exceptionnelle. Il y a aussi le fait de revoir des publics aussi généreux que les gens de Val d’Or, et pour ça, participer au spectacle fut très plaisant… Mais, tout d’abord, avant de prendre le van pour notre tournée, il y a eu la phase de création des textes. Je pense que c’était à la fois le moment le plus intéressant de ce projet et le moment le plus difficile. Pendant six mois, six personnes différentes, avec six styles différents, six façons d’écrire, six façons de travailler, et aucune caméra! J’y ai fait là des rencontres inoubliables (je pense entre autre à Louis Courchesne et Patrice Beauchesne, des gens qui sont devenus plus que des collaborateurs, et Dominic Anctil, un homme qui m’a appris beaucoup… entre autres qu’il était le frère de Jean-Michel Anctil), j’y ai essayé de nouvelles formes de créations, avec un encadrement idéal (merci Francine et Louise), et je n’ai pas eu à me maquiller tout en bleu… Fiou.

7- Dans tous les numéros que tu as créés, duquel es-tu le plus fier ?
Les personnages imaginaires, parce que c’est un numéro qui est né alors que je n’avais plus aucune idée, vers trois heures du matin, en position fœtale sur mon lit, probablement nu, et que, encore aujourd’hui, j’aime ce numéro pour l’univers qu’il présente au public et l’originalité de son contenu... C’est difficile, mais j’essaie toujours de chercher le sujet ou la forme un peu différente… moins utilisée.

8- Quel numéro d'un autre humoriste aurais-tu aimé inventer, écrire ou interpréter ?
Le fumeur, de Gad Elmaleh. C’est le genre de numéro qui te fait dire : « Ha! Pourquoi j’y ai pas pensé avant ? »… Ou sinon, Le fumeur, de Daniel Lemire, pour l’originalité du sujet. Si on pouvait faire des covers en show, c’est celui-là que je ferais…

9- Aimerais-tu travailler avec quelqu’un en particulier ?
J’aimerais faire une scène de lit avec Pascale Buissières, mais pas une scène où elle pleure. J’aimerais jouer le père de Roy Dupuis dans un film sur la vie de Saku Koivu. Aussi, j’aimerais jouer dans un film de court métrage avec Peter North mais ça, je ne peux pas trop en parler, parce que c’est en négociation.

10-Un spectacle d’humour que tu nous recommanderais ?
N’importe quel show avec les Zapartistes. C’est sûr que tu ris différemment que dans un show du St-Denis, mais comme ils le disent : « Rire est une si belle façon de montrer les dents. »

11- Quel est ton humoriste « coup de cœur » du moment ?
Mon problème, c’est que je suis vraiment un fan d’humoristes, j’aime tellement ce que les gens autour de moi font en ce moment que c’est difficile de choisir quelqu’un en particulier. J’aimerais ça dire Mario Bélanger pour sa folie, Michel Sigouin pour l’efficacité de ses gags et de son personnage… mais je vais y aller avec le public : Dany Drouin, parce que c’est l’humoriste qui fait battre mon cœur présentement.

12- Quel art, autre que l’humour, aimerais-tu exploiter un jour ?
Probablement la photographie, le théâtre, peut-être même la danse… en fait, n’importe quelle place où je peux voir des filles toutes nues.

13- Es-tu superstitieux ?
Oui, mais pas autant que Stéphane Poirier

14- Jusqu’à présent, quel est le plus beau moment de ta carrière ?
Lorsque j’ai remporté le concours de la relève Juste pour rire en Abitibi devant 5000 personnes. Sinon, j’ai fait un show samedi passé pour le championnat du monde de patin de vitesse sur courte piste. C’était tripant de faire rire des gens originaires d’autant de pays différents… J’ai eu l’impression d’être international ce soir-là.

15- Quelque chose d’anodin, mais qui te fait rire ?
Ce genre de question, et le t-shirt rose et gris d’Alexandre Barrette.

16- As-tu un côté quétaine ?
Non, on s’est laissé y’a deux mois.

17- Quel est ton talent inutile ?
Dans chaque entrevue, je réussis à plugger mon site Internet:
www.danydrouin.com

18- Une chose que tu aimerais avoir accomplie d’ici 10 ans ?
J’ai pas exactement de plan de carrière officiel. Dans 10 ans, je peux bien rouler un one-man-show ou jouer dans une série. L’important, c’est que je sois fier de ce que je fais et que je sente que j’ai écouté mon instinct.

19- Y a-t-il déjà eu des monstres sous ton lit ?
Oui, mais nous étions amants. Il vit aujourd’hui à Magog.

20- Commentaires ???  Mot de la fin ???
Mon commentaire va à la gang du Bothum : Merci de faire ce que vous faites pour la relève et bravo. Mon mot de la fin est une citation de ma grand-mère : « Venez donc me voir. S’il vous plaît. »