20 questions à Mathieu Cyr

1- Qu’est-ce qui t’a mené vers l’humour ?
J’me suis cherché pas mal avant d’en arriver là… J’me suis cherché au cégep, à l’université… J’ai dû avoir 40 jobines aussi... De doorman à vendeur de viande au téléphone, en passant par planteur d’arbres… Si je ne m’étais pas essayé en humour, je serais probablement triflûtiste au métro Berri…

2- Comment décrirais-tu ton humour à ceux qui ne te connaissent pas du tout ?
C’est la question qui tue ça… Pour répondre, j’ai découpé des mots, je les ai mis dans un chapeau, pis j’en ai sorti une couple au hasard :

Cabotin, absurde, engagé, merlot, interactif, redingote.

3- Comment s’est déroulée ta première expérience sur scène ?
C’était au Comedy zone, en avril 2004. Assez fuckée comme expérience. Je faisais un top 6 de ce qui me tapait sur les nerfs. J’ai fait ça parce que je pensais qu’on donnait un prix au 1000e gars qui faisait ce sketch-là… (Rires de sarcasme à insérer ici…) Étonnamment, ça s’est bien passé. J’ai vraiment trippé sur le feeling de la scène.

4- Tu es fraîchement diplômé de l’École Nationale de l’Humour, mais bien avant cela, tu évoluais déjà dans le domaine de l’humour. Est-ce que le passage à l’ÉNH est un prérequis pour réussir dans le milieu ?
Non, c’est pas obligatoire, mais si tu as la chance d’être accepté, vas-y fort! Au début, j’y allais juste pour avoir une « certification officielle ». Mais au fur et à mesure que les sessions avançaient, j’me suis rendu compte que j’apprenais beaucoup. Certaines personnes disent que l’école est un moule, mais c’est tout le contraire. Moi, j’me suis trouvé en sale en allant là…

5- Avec les autres finissants de ta cuvée, tu entreprends une tournée qui vous mènera aux quatre coins du Québec. Quels seraient tes meilleurs arguments pour inciter les gens à aller voir votre show ?
- Une mise en scène exceptionnelle. (On dirait que je parle de Cavalia.)
- Des sketchs de fous. (Sérieux, y sont tous bons, pis je dis pas ça pour être licheux…)
- On est quinze à avoir travaillé ce show-là pendant six mois, faque manquez pas ça tabar..!

6- Est-ce que tu as des influences, des modèles en humour ?
C’est sûr… Mais j’en ai tellement! J’vais pas commencer à faire une liste!

Jim Gaffigan, Réal Béland, Jean-Marc Parent, Les Griffin, Les Zapartistes, Jerry Seinfeld et Jim Flock. (Le dernier, y’existe pas, mais ça sonne ben comme nom je trouve…)

7- Y a-t-il un art, autre que l’humour, que tu voudrais exploiter un jour ?
L’art des sauces. Savoir mélanger des saveurs avec parcimonie, tout en dégustant un bon cru du terroir.

8- Quels sont tes projets à court terme ?
Jusqu’en juillet, c’est la tournée avec l’École. En mai, je débute un certificat en écriture rédactionnelle, question d’écrire des mots de douze lettres et plus sans faire de faute. Genre… Juxtaposition. Ouin, j’aime ben ça, juxtaposition.

En novembre 2007, je sors mon premier one-man-show (qui me sert aussi de showcase) au Studio du Monument-National : un gros projet pour moi. On est une gang à travailler là-dessus, avec une mise en scène de Stephan Dubé et Bernard Reid. On s’en reparle!

9- Jusqu’à présent, quel est le plus beau moment de ta carrière ?
Quand j’ai animé le gala de l’A.P.Q. au Spectrum. C’est une salle impressionnante, qui a du vécu… J’suis content d’avoir pu monter sur cette scène-là avant que ça devienne le back store d’un
Best Buy.

10- Quel numéro d'un autre humoriste aurais-tu aimé inventer, écrire ou interpréter ?
Le sketch de la pelle, de Jim Flock. (Toujours le même nom fictif, mais là, y commence sérieusement à avoir une carrière...)  

Jim Flock nous raconte l’histoire d’une pelle adoptée qui passe à Claire Lamarche. Elle rencontre alors sa mère pelle, qui lui avoue qu’à défaut d’être une pelle, elle est en fait une grosse crisse de cuillère obèse. Très touchant…

11- Aimerais-tu travailler avec quelqu’un en particulier ?
C’est dur à dire ça, parce que c’est pas parce qu’un humoriste est bon que c’est cool de travailler avec… Mais y’a du monde avec qui je m’entends bien, soit : Charlypop, Nicolas Tremblay-Côté, Franck Dupuis, pis plein de monde de l’École… Pas mal tout le monde de mon année, finalement…

12- Quel est ton humoriste « coup de cœur » du moment ?
J’en ai trois. Du monde de la relève : Philippe Laprise, pour son sens du punch; Étienne Dano, pour l’interaction qu’il a avec le public; et Guillaume Wagner, pour son professionnalisme.

13- Superstitieux ?
Un peu. Mais pas au point de capoter quand je réponds merci à quelqu’un qui me dit merde avant un show.

14- Un spectacle d’humour que tu nous recommanderais ?
J’ai ri en sale au show des Denis Drolet. C’était différent et punché. On voit qu’ils ont travaillé leur matériel.

15- Quelque chose d’anodin, mais qui te fait rire ? Une face de blé d’inde.

16- Quel est ton côté quétaine ?
J’aime bien les Guess Who, Simon and Garfunkel,  pis le vieux rock.

17- Quel est ton talent inutile ?
Je suis capable de m’étirer la peau du cou et de la face de façon assez mongole…

18- Une chose que tu aimerais avoir accomplie d’ici 10 ans ? Avoir des kids.

19- La question de Christian Viau (invité de mars) :
Quelle est la personne que ça te fait chier de trouver drôle ? (Moi, par exemple, ça me fait chier, mais le Doc Mailloux est tellement crétin que je le trouve drôle, à chaque fois qu’il tente de se défendre de quelque chose !)
Ben, c’est pas quelqu’un, mais une émission. Les drôles de vidéos, du genre Rire et délire, avec les voix de mongols (je vise personne. Désolé Bruno… Bruno L…) Je sais pas pourquoi, mais quand je tombe là-dessus, le cerveau se met à off, pis je reste accroché comme une truite somnambule.

20- Commentaires ? Mot de la fin ?
J’espère que vous êtes allés voter le 26 mars!