20 questions à Alexandre Barrette

1- Qu’est-ce qui t’a mené vers l’humour ?
J’ai vu le show de Patrick Huard au Capitole de Québec. C’était le premier spectacle d’humour que je voyais. Le lendemain, j’étais en voiture et j’entendais une pub radio faite par Martin Matte sur les auditions de l’École de l’Humour.

Deux jours après, sur le plus gros coup de tête de ma vie, je m’inscrivais à l’audition de l’École de l’Humour. Ça reste à ce jour un des meilleurs choix de ma vie. Ex æquo avec ma décision de prendre gomme balloune comme saveur de fluorure chez le dentiste quand j’avais 8 ans.

2- Comment décrirais-tu ton humour à quelqu’un qui ne te connaît pas du tout ?
Je suis moins bon qu’un cordonnier pour réparer des chaussures, mais au moins 8 fois plus drôle.

Toute ressemblance avec un cordonnier que vous connaissez est purement volontaire. Je parle clairement de Marcel Poitras de la boutique « La Belle Semelle ».

Non, pour de vrai, je fais du stand up, des monologues dans lesquels je m’inspire de vraies anecdotes, et de choses que je trouve drôles dans la vie de tous les jours. Je suis un peu absurde et un peu arrogant.

3- Comment s’est passée ta première expérience sur scène ?
C’était le premier show de l’École Nationale de l’Humour. On jouait au Cabaret Juste Pour Rire. Ça a super bien été.
Par contre, au 2e show de l’École de l’Humour, qui était aussi mon 2e show à vie, j’ai eu un blanc de mémoire qui a duré peut-être 10 secondes, mais qui m’ont parues 50 ans.
Avant de monter sur scène, j’étais un jeune homme fringant de 19 ans. En sortant de scène, j’avais des REER, une carte de membre au club de bridge, une femme et des petits-enfants.

4- Quel est ton plus beau souvenir de la Tournée JPR 2004-2005 ?
Je dirais que l’ensemble de l’expérience a été formidable. J’ai vu c’était quoi de monter un spectacle et de rouler à travers les plus belles salles de la province. Ça a été très formateur!
Le trip de gang avec les 3 « boys » a été cool. Le fait de rencontrer et de parler avec les spectateurs après chaque show était aussi très cool.

5- D’où te vient ton inspiration pour écrire tes numéros, par exemple celui du « Démineur » ?
Ha ha ha!!! Pour celui du Démineur. C’est justement parce qu’à l’École de l’Humour, on devait présenter un numéro à chaque semaine.
On devait donc écrire énormément. J’étais toujours devant mon ordinateur. Et quand j’avais un manque d’inspiration, je fuyais la situation en jouant à un jeu sur l’ordinateur, le Démineur. Mais le problème, c’est que je pouvais jouer des heures. Je me disais souvent : « Comment je peux passer tant de temps à jouer à un jeu si plate ».
Une fois, un jeudi soir, j’avais toujours pas trouvé mon idée de numéro à présenter pour le lendemain. Y fallait absolument que je trouve un sujet pour mon numéro. Le temps pressait et je jouais au Démineur. Je m’étais dit : « tant qu’à jouer, pourquoi je ferais pas un numéro sur ce jeu-là? » J’avais donc fait le personnage d’un gars qui vient expliquer ce qu’est le Démineur, mais avec ZÉRO entrain. En fait, je voulais que le personnage et ses propos soient aussi ternes que le jeu en soi.

Sinon, mon inspiration vient de partout : des réactions, comportements ou traits de caractères que je vois, ou que j’ai.
En animant les Mercredis JPR, je dois écrire un nouveau numéro à chaque semaine. Alors, je n’ai pas le choix de me baser sur des situations que je vis, et que je pousse à l’extrême pour que ça soit drôle.

6- Te considères-tu comme un bon public en humour ?
Ça dépend de la langue de l’humoriste. Exemple : pour un humoriste qui parle français, je suis plutôt ricaneur, comme on dit. Par contre, pour des humoristes norvégiens, je suis très mauvais public. Bon, je ris quand même. Mais c’est plus par politesse.

7- Tu animes les Mercredi JPR, ce qui te donne l’occasion de voir beaucoup de numéros. Crois-tu qu’il y ait des sujets qui reviennent trop souvent en humour ?
Peut-être un peu des fois. Mais un sujet peut être abordé de 1000 façons différentes. Jean-Thomas Jobin et Patrick Huard vont aborder un même sujet d’une façon complètement différente.
Par contre, je trouve au contraire qu’il y a présentement une vague de nouveaux humoristes qui ont un style complètement nouveau.

8- Y'a-t-il un art autre que l'humour que tu aimerais exploiter un jour ?

La scène est de loin ce qui m’allume le plus. L’interaction avec les gens aussi. Mais peut-être qu’un jour, j’aimerais jouer dans une sitcom ou même au cinéma.

9- Aimerais-tu travailler avec quelqu’un en particulier ?
J’adorerais travailler avec Patrick Huard un jour.

10- Quel numéro d'un autre humoriste aurais-tu aimé inventer, écrire ou interpréter ?
Le numéro « poche » de Martin Matte. Sinon, le numéro de Patrick Huard où son ami vient faire un stand up avant de mourir.

11- Quel est ton humoriste « coup de cœur » du moment ?
Y’a plusieurs humoristes que j’adore. Martin Matte et Patrick Huard. Je trouve Louis-José Houde très solide. Je trouve Dominic Paquet hilarant. Sinon, j’adore Francky, Stéphane Fallu, Alexandre Bégin,  Pascal Babin, Patrick Groulx, Mike Ward et Jeff Mercier.

12- Une cause qui te tient à cœur ?
L’environnement.

13- Es-tu superstitieux ?
Je préfère ne pas répondre à cette question. La dernière fois que j’ai répondu à une question du genre, j’ai eu une crevaison la semaine d’après en allant faire un show. Je ne voudrais pas que ça m’arrive à nouveau.

14- Quelque chose d’anodin mais qui te fais rire ?
Y’a plein de choses qui me font rire. Mais les gens qui sur-utilisent le terme et cetera. La semaine passée, je faisais un show dans un genre de party de bureau et avant moi, y’avait un homme qui faisait un discours, et ça paraissait qu’il était trop nerveux pour la ligue, de parler devant un public.

Il commence en disant : « Bonjour, merci d’être venus en grand nombre, ce soir on a vraiment une belle soirée de prévue, le repas, et cetera. »

Y’avait même pas d’énumération qui justifiait un et cetera. C’est pas parce que t’es nerveux que tu peux te débarrasser d’une phrase en mettant si vite un et cetera. Cette phrase-là méritait beaucoup plus que ça.

15- Quel est ton proverbe ou ta citation préféré ?
Je n’ai pas de citation en particulier. Mais je suis un très grand fan des livres « L’alchimiste » et aussi « Le guerrier pacifique ».

Plusieurs phrases de ces 2 livres m’ont beaucoup inspiré.

16- Quel est ton talent inutile ?
Je suis vraiment fort pour éplucher une clémentine en une seule pelure. Depuis 1993, je suis 2635 pelures en 2634 clémentines.

Si mon succès vous fait rêver, j’ai envie de vous dire d’y croire. Pour devenir un bon éplucheur de clémentines, y’a pas de recette magique. Ça prend juste 3 choses : Travail, travail... et des clémentines.

17- As-tu un côté quétaine ?
Oui. Effectivement, l’hiver quand y fait froid, je dois m’habiller très chaudement.

Tsé le gars, y répond pas pantoute à la question.

18- Une chose que tu aimerais avoir accompli d’ici 10 ans ?
J’aimerais avoir eu mon premier one man show et l’avoir roulé partout au Québec. J’aimerais avoir animé un Gala Juste Pour Rire. J’aimerais percer en France aussi. Et finalement, j’aimerais avoir réussi à éplucher une clémentine en moins d’une pelure.

19- L’objet le plus inutile chez toi ?
La touche F12 sur mon clavier d’ordinateur. En fait, toutes les touches F en général ne sont pas très sollicitées chez moi. À l’époque de Videoway, j’étais un grand fan des touches F sur la manette. Autant pour voir les différents films que pour jouer à L’ascenseur.

Mais, sur mon ordinateur, beaucoup moins. À chaque fois que mon doigt s’approche de la touche backspace, F11 et F12 deviennent excitées et croient que c’est enfin leur tour. Mais en vain.

Avoue que tu viens d’essayer F12 pour voir ça faisait quoi. Fais attention à moi, j’ai beaucoup trop de contrôle sur toi. Je commence par te faire faire des petits gestes anodins. Et sans que tu t’en rendes compte, j’ai déjà ton numéro de carte de crédit et je vis luxueusement à tes frais.

20- Commentaires ??? Mots de la fin ???
Merci au Bothum pour avoir pensé à moi pour cette chronique. Merci à vous pour avoir lu cette chronique. Vous êtes tous les bienvenus à venir me voir en spectacle. Pour ceux qui sont à Montréal, je vous invite aux Mercredis Juste Pour Rire.