Jadis, je fus policier… Ben oui, mais j’étais jeune et j’avais faim. Bref, j’m’excuse.

Suite à un choc post-traumatique, ma glande thyroïde a pris des vacances. Ce départ, conjugué à une surconsommation de Pepsi (pas diète), d’éclairs au chocolat, d’ailes de poulet, de chips BBQ et de Simpsons m’a fait le sympathique petit cadeau de 250 lbs supplémentaires. Vous comprendrez qu’avec une telle prise de poids, j’ai commencé à moins m’aimer. J’ai donc entrepris un bac en Droit.

Afin de me redonner le sourire, mes parents m’ont offert pour Noël des billets pour le show de François Morency. Pendant ce spectacle, au Monument National, en me replaçant les reins au fond de mon siège, celui-ci a cédé sous mon poids.  Ce qui est très triste, si on considère tous les efforts que j’ai investis à cramper mes 550 lbs dans un si petit siège.

Mortifiée, ma compagne s’est bien demandée ce que j’allais faire, tandis que l’adolescent assis derrière moi a eu la peur de sa vie.  Après avoir fait la tortue sur le dos durant quelques minutes et avoir réquisitionné l’aide de plusieurs personnes pour me relever, je suis allé sur scène porter le siège à François Morency, pour ensuite « subir » son humour pendant quelques minutes, le temps qu’un technicien me trouve un banc de parc. Cet évènement a été un pivot dans ma capacité à regagner le sourire et à accepter ma nouvelle condition.

En me promenant sur Ste-Catherine, je me suis fait accoster par un agent d’artistes qui voulait exploiter mon baby face sur mon corps de Godzilla. Quelques mois plus tard, cet agent m’envoyait passer une audition pour jouer la doublure d’un des animateurs du gala du 20e Festival Juste pour rire.  Vous l’aurez deviné, il s’agissait de François Morency.

J’ai donc eu mon baptême des planches sur celles du Théâtre St-Denis, devant 2200 personnes et plusieurs caméras de télé. Ce fut le coup de foudre!

Un an plus tard, je graduais de l’École Nationale de l’Humour, riche de connaissances et d’expériences mémorables, dont celle d’écrire avec les Grandes Gueules. Ce coup de foudre, ainsi que les recommandations de quelques grands de l’humour, m’ont sauvé d’une vie drab et plate à argumenter concernant les chicanes des autres.

Depuis, j’ai un sourire perpétuel et j’attends avec impatience mon retour sur les planches du Théâtre St-Denis.

Source: René Forget