L’espèce humaine appelée le Pas Brossé a une histoire, pas très intéressante, mais il en a tout de même une… Ce qui est déjà plus que bien des films américains. D’abord, il en existe deux dans le monde d’aujourd’hui, donc la langue française nous oblige à utiliser le nom au pluriel, ce qui donne : Les Pas Brossés. Pour en faire une phrase complète, il faudrait rajouter un verbe et un complément de phrase, ce qui nous conduirait à : « Les Pas Brossés vont à la plage ». Ceci était un exemple, puisque Les Pas Brossés ne sont jamais allés à la plage. Enfin, oui, mais pas ensemble. Cela fait partie de leur projet à long terme, mais leur vie personnelle ne nous regarde pas.

Les membres du groupe se sont connus à la polyvalente Louis-Philippe-Paré, de Châteauguay, en 2001. Encore innocents et imberbes dans leur corps d’adolescent de secondaire 2, les trois gars – Maxime Auclair, Jean-Philippe Bérard et Guillaume Ménard – se côtoyaient grâce à l’atelier parascolaire d’humour dirigé par le groupe d’humour Pierre D’en Face. Ils ont pris part à deux spectacles de fin d’année (LPP en spectacle) avant de constater qu’une certaine complicité s’était installée entre eux trois. C’est donc en mai 2003 que la formation a été officialisée, entre l’escalier central et les toilettes des filles de l’école. À ce moment-là, leur nom de groupe relevait d’une grande discussion fondamentale sur les aventures de Pinocchio, car ils s’appelaient Les Jiminys. Que de regrets envers cette décision, ce fut une période sombre de leur vie.

En septembre 2004, le bilan du groupe est assez bref, soit une prestation scénique de trois minutes lors d’un concours à l’école… Ce n’est pas une grosse moyenne. Alors que Maxime et Jean-Philippe poursuivent l’écriture dans un sous-sol, Guillaume donne de moins en moins de nouvelles, et les gars prennent pour acquis qu’ils forment maintenant un duo. Ils sortent finalement du sous-sol, après six mois d’hibernation, avec un scénario prêt à filmer. Deux têtes n’étaient par contre pas suffisantes pour mettre sur pied ce petit projet peu prometteur. Ils font donc appel à Philippe Roussin, un collègue de l’atelier d’humour de l’école, qui prit place derrière la caméra pour deux vidéos (maintenant disponibles au Vidéotron dans la section « Y en a pas de facile »). Voyant qu’il n’existait pas d’endroit pour partager leurs créations, les gars reviennent à la scène comme trio humoristique, sous le nom d’Incompatible Logique.

Durant deux ans et demi, les gars du groupe ont triplé leur productivité, pour présenter des numéros hauts en couleur à toutes les occasions qui s’offraient à eux. Leurs performances coup de cœur furent le bloc d’une demi-heure qu’ils ont faite en première partie du groupe de musique Lyric Rouge en mars 2006, devant plus de 400 personnes. Ainsi que l’été précédent aux Jeudis de l’humour, animés par Pierre D’en Face, aux côtés de Louis Courchesne et Patrick Bélanger.

En mars 2007, Étienne Marcoux, de Pierre D’en Face, est engagé par la ville pour produire trois spectacles au cours de l’été suivant, dans le cadre des Projets de la relève. Devant cette offre, Jean-Philippe décide de ne pas s’embarquer dans le projet, et quitte le groupe… Maxime et Philippe ont confiance en leur talent et choisissent de continuer malgré tout. À titre de duo, les gars optent pour les Pas Brossés comme nouvelle appellation. Après quatre mois de sueurs intensives, le spectacle d’une heure et demie a lieu le 13 juillet au centre culturel Vanier, devant une foule généreuse qui a eu mal dans le bas du ventre, ceci étant dû à des rires excessifs.

C’est maintenant là que les Pas Brossés se retrouvent dans leur cheminement vers la conquête du monde. Leur humour absurde, par le biais de numéros scéniques et vidéographiques, ne cesse de surprendre le public par leur originalité hors du commun. Une capacité à interpréter des personnages sautés leur donne une vision critique du monde social qui les entoure. Après avoir produits quelques capsules humoristiques pour l’émission C-K-PI-É, au canal Vox durant l’été 2007, le groupe se concentre sur sa participation à la 29e édition de Cégep en spectacle à André-Laurendeau.